LA BELLE HÉLÈNE AT LE THÉÂTRE DU PASSAGE
NEUCHÂTEL, L'Express, 19th May 2008
Costumes, mise en scène, décors... le dernier spectacle de Diva Opera, présenté vendredi et hier dans la grande salle du théâtre du Passage, comble, divertit et amuse. Une façon enjouée et légère de mettre un terme à la saison 2007-2008.
«La belle Hélène», opéra bouffe de Jacques Offenbach, surprend encore. La mise en scène place l'histoire des dieux grecs dans l'excès des années hippies et kitsch. Karine Godefroy fait une Hélène parfaite. Elle minaude, elle danse, lance des œillades à Pâris, séduit ostensiblement. Sa voix de soprano est claire et son français irréprochable.
Le beau berger Pâris, auquel Vénus promet l'amour de la femme la plus belle du monde, devient un chanteur-guitariste aux longs cheveux, flanqué de pantalons de velours et de chaussettes colorées.
Nicholas Ransley, à la voix caressante, fait de Pâris un personnage attachant. Déguisé en gourou sortant d'une «love mobile», il enlève Hélène pour l'emmener à Cythère. C'est le triomphe de l'amour. L'histoire fait naturellement apparaître le mari d'Hélène: Philip Salmon campe un Ménélas charismatique, puis cocu et humilié. Son costume fait de lignes colorées accentue le ridicule du personnage. Quant à Matthew Hargreaves, il est un Calchas d'une rare élégance; il gardera son statut de beau médecin tout au long de la production.
Les rôles secondaires sont joliment distribués. La mise en scène surprend de bout en bout, les trouvailles théâtrales relancent sans cesse l'argument: Ajax 1 et 2 en improbables siamois, la Vénus de Milo et autres statues grecques qui ornent la chambre nuptiale et les multiples anachronismes, jusqu'à la couronne de laurier bio qui viendra couronner Pâris.
Au piano, Bryan Evans remplace l'orchestre d'Offenbach. Son jeu aux couleurs chatoyantes et la souplesse de son interprétation s'adaptent aux inflexions des chanteurs et en fait un partenaire indispensable. /sag
'OPERA NOW' MAGAZINE REVIEW: November/December 2007 Edition
DON GIOVANNI, DON PASQUALE AND LA TRAVIATA AT LES AZURIALES OPERA FESTIVAL
St Jean, Cap-Ferrat, August 2007
'Everything at Les Azuriales this year was done in conjunction with Diva Opera, the small-scale British company that seems to do most of its work on tour outside Britain. And as it was all standard repertoire – a Don Giovanni, a Don Pasquale, a Traviata – done fairly conventionally, I didn’t expect too much.
But the impact, vitality and stamina of these shows, staged by Wayne Morris and David Edwards, was exceptional. They punched above their weight in every (good) sense, telling their stories with a clarity and conviction that extracted real theatre from simple circumstances: the barest of props, the smallest of acting spaces, and the audience so close in on three sides that anybody in the front row ought to get a fee for being part of the performance.
As for the musical values, they were far higher than you’d normally find at this scale of operation. Each show had at least one outstanding performer: Madeline Bender a crystalline Violetta with a thrilling top (though not always enough diction); Richard Suart doing big comedy (more G&S than Donizetti) as Pasquale; and above all D’Arcy Bleiker, an unquestionably world-class Giovanni (and world-record holder for rapid recits), begging the question why he isn’t singing the role on leading stages. He certainly has what it takes.
But more than this, the whole cast for these shows delivered wonderfully controlled ensemble singing with terrific spirit – and did it, moreover, with no conductor.
All three shows were led, from behind the stage, by Diva Opera’s pianist/MD Bryan Evans. And I can categorically say I’ve never heard keyboard playing in these circumstances done so brilliantly or so persuasively. The combination of accuracy and imagination was rare; and it almost totally won me over'.
Michael White
MADAMA BUTTERFLY AT LE THÉÂTRE DU PASSAGE
NEUCHÂTEL, L'Express, 10th December 2006
Bouleversante Butterfly
La troupe britannique de Diva Opéra donnait hier soir dans la petite
salle du Passage «Madame Butterfly» de Puccini, dans une version
de concert. Un très grand moment d'émotion, des musiciens magnifiques
La geisha prend le temps de se recueillir devant un autel avant de se trancher la gorge calmement avec l'épée de son père. Ce dénouement, peut-être le plus tragique de Puccini, pourtant expert en la matière, dévoile la complexité de cette héroïne ô combien bouleversante. Cette première suisse du «Madame Butterfly» de Diva Opéra, donnée dimanche au théâtre du Passage, à Neuchâtel, sera suivie de deux autres représentations à voir absolument.
Atteignant au paroxysme des passions d'une amoureuse comblée puis trahie, la ligne vocale garde cependant toujours une noblesse et une maîtrise de soi tout orientale et fait de la malheureuse victime de ce drame l'une des âmes les plus belles du répertoire.
Maison en papier et cerisier en fleur
Melinda Hughes incarne en plénitude Cio-cio-san, alias Madame Butterfly, qui épouse à la fin du XIXe siècle Pinkerton, un officier américain souhaitant se distraire alors qu'il est déjà marié et qui découvre la vérité à son retour trois ans plus tard, alors qu'elle lui est restée fidèle et lui a donné un fils.
Après l'avoir vue sur scène, il devient impossible d'imaginer une autre artiste pour ce rôle. Elle est Butterfly. C'est elle qui passe de la colère au pardon; elle qui se présente d'abord dans la rigueur somptueuse de son kimono, d'un chignon impeccable et d'une contenance douce et soumise, puis paraîtra hagarde et la chevelure dénouée et rebelle, extatique aux regards fous; elle qui s'abandonne ou fait acte de violence; elle, veilleuse fidèle dans la nuit; elle, toujours souveraine, toujours vraie, toujours bouleversante. Et c'est de fait un peu nous aussi qui épousons ce destin cruel par la force d'identification du genre tragique, que Puccini a transposé à l'opéra avec un art sans doute inégalé.
La mise en scène de Wayne Morris est pour beaucoup dans la force expressive
de l'oeuvre. L'étroitesse de la scène de la petite salle du Passage
implique une action et un décor d'une densité extrême.
Le décor tient en une merveilleuse maison en papier japonaise jouxtée
d'un cerisier en fleur. Les voiles de papier coulissant sur ses murs qui transforment
l'espace en monde ouvert ou clos (avec le mystère entrevu dans leur
transparence), rythment aussi le temps, soulignant des moments clés
de l'oeuvre.
La musique de Puccini pour cet opéra est sans doute la plus riche
et originale qu'il ait écrite, nourrie par de nombreux thèmes
de chansons japonaises que le musicien traite avec fidélité et
incorpore à son langage avec un naturel sidérant, lui ouvrant
de nouvelles directions.
La complexité de l'écriture orchestrale nous place peut- être au seuil de ce qu'il est possible de traduire avec un piano seul et nous demeurons sous le choc de la perfection avec laquelle Bryan Evans relève le défi. Si l'oeuvre perd en richesse d'orchestration, elle y gagne en simplicité et en impressionnisme, soulignant son lien étonnant avec la musique de Debussy, avec ses demi-teintes, son pentatonisme, ses gammes par ton et sa rythmique exotique.
Cameron Rolls, dans la vibrante beauté de son ténor exceptionnel, qui fait quelque peu éclater les murs restreints du Passage, rend touchant le personnage sombre de Pinkerton. Et l'on salue David Stephenson, que l'on peine à reconnaître après l'avoir vu récemment en un Figaro plus que fou. Ici, consul américain grave et rempli d'empathie pour Butterfly, il est à nouveau magistral, tout en retenue.
En écho de Cio-cio-san, il manie avec le même art cette tension entre sentiments et pudeur qui fait toute la force de cette soirée. /ATR
MADAMA BUTTERFLY AT LES AZURIALES OPERA FESTIVAL
August 2006
If Conde Nast has a list of the top ten chic global venues to experience opera
then Les Az needs to be on it. It can therefore be no surprise that my son
and daughter accepted my invitation to dress up, drink champagne and lounge
around on the Promenade des Anglais during the day. One might then suspect
that being forced to interrupt these delights with a bit of Puccini might not
be ideal for young people respectively dedicated to Trance and Dance. I died
and went to heaven when I watched from the back of the salon and saw my children
totally absorbed by Diva Opera’s Butterfly. They so got it. It transformed
their view of cool and they now suggest to me that we should go and see opera.
Diva are so intense and magical that they changed David and Lucy’s view
of the world.
/Linda Fenwick
Il BARBIERE DI SIVIGLIA AT LE THÉÂTRE DU PASSAGE
NEUCHÂTEL, L'Express, 25th April 2006
La joie du barbier
Après trente secondes, on est déjà conquis par la magie du piano, son stacatto vivant et nerveux, vite tempéré par un léger et délicieux rubato à l’italienne. Plus heureux, presque, que si l’on avait tout l’orchestre. Toute la luxuriance, le pétillement du Barbier de Séville sont déjà là sous les doigts de Bryans Evans, directeur artistique de Diva Opéra. Le ton est donné, l’ensemble de la production jouée vendredi soir au Passage sera à l’avenant: mise en scène burlesque et d’une constante créativité, chanteurs qui surjouent chaque scène – dans le bon sens de la Commedia dell’arte –, vélocité de la déclamation qui tourne à l’allégresse verbale, arie senties et impeccablement interprétées dans toute leur virtuosité.
Le charisme de Stephenson
Rossini serait sans doute heureux de voir une troupe anglaise devenue si profondément et naturellement italienne. La scène est dominée par le charisme exceptionnel de David Stephenson en Figaro protéiforme qui, dans son premier air si attendu («Figaro la…»), alterne toutes les attitudes vocales, corporelles et faciales imaginables sans se départir jamais dans la farce la plus bouffonne d’une noble et intense maîtrise de soi. Son aisance à enchaîner les loghorrées de Rossini et à en faire des morceaux de rhétorique est partagée par les autres personnages: Nicholas Sharrat en Comte tout aussi facétieux, doté d’un timbre de ténor dramatique parfaitement contrôlé, les deux «méchants», Stewart Kempster et Richard Mitham, en basse profondes et drôlatiques, Cerys Jones en Rosina un peu moins naturelle, l’immense difficulté vocale du rôle, qu’elle assume avec les honneurs, en étant sans doute la cause.
Les ensembles, que Rossini agence avec une maîtrise stupéfiante dont se souviendra un Verdi, sont un pur bonheur, sommets de ce moment où la virtuosité est au service de la joie. / ATR
TOSCA AT LES AZURIALES OPERA FESTIVAL
St Jean, Cap-Ferrat, 23rd August 2005
Diva Opera's productions are rightly renowned for their intimacy and intensity; one always feels that these are performances that the composers themselves would agree, had understood and travelled to the heart of their musical and dramatic intent.
This Tosca was no exception. Bryan Evans captured the sumptuousness and glory of the music with his customary brilliance and empathy. Also as usual, it was a wonderful ensemble performance, of which more later. Singled out as exceptional must be the performance of David Kempster as Scarpia. Those who have heard him sing before will be familiar with his rich baritone voice. Those who have not should seek out opportunities to do so. Equally impressive was his compelling dramatic performance. Aware that he is abusing his hold over Tosca most odiously, I nonetheless found myself experiencing an unwelcome frisson as he strode the stage oozing power and filling the air with testosterone. Absolutely convincing in this performance, Kempster was Scarpia in every sinew and cell in his body. Much credit must therefore go to Anne Williams-King as Tosca who not only matched him in their scenes together but was also equally convincing in her scenes with Caravadossi, therefore ensuring a satisfying dramatic integrity and pace to the piece. Not a moment wasted.
All the above notwithstanding, I have saved the best to last. Sometimes, when we are lucky, we get to feel that hair rising up on the back of our necks. More rarely do we feel tears pricking our eyes and here was the unexpected bonus of this performance: not at the sad dramatic conclusion of the piece but most unexpectedly just before the interval when everyone was starting to think about a glass of champagne. And there it was- a fabulous, heartfelt and heartbreaking rendition of The Te Deum by the Ensemble. A glorious, glorious piece of musical heaven. Go see it. Go feel it.
Linda Fenwick
Odyssey Zone
LUCIA DI LAMMERMOOR AT LE THÉÂTRE DU PASSAGE
NEUCHÂTEL, L'Express, 10th December 2004
Lucia intimiste et glaçante
La mort, l’amour. La folie. C’est un cadaver d’abord, étendu. Des silhouettes noires tout autour, et une femme éplorée. Le piano de Bryan Evans fait frémir le public qui remplit la petite sale du theatre du Passage, mercredi. La troupe Diva Opera a laissé les fastes du grand opera, les rideaux, les lumières, les décors, pour une “Lucia di Lammermoor” de Donizetti intimiste et glaçante. En ètendant le bras, on aurait pu toucher le fantôme qui hante le plateau, verifier la froideur de sa chair. On voit les yeux brilliants, humides, larmoyants. Toute l’Ecosse imaginée, celle des château hantés, des landes brumeuses, des amours trahies sombrant dans la folie, de la vengeance et de la haine. Lurelle Alefounder campe une Lucia en attente. L’amant est for peu empressé, à peine chaleureux. La tromperie, le mensonge, et meme la folie qui aura raison d’elle sont suggérés. Son personage en est d’autant plus attachant et admirable. La voix elle-même est touhours ronde et chaleureuse, sans dureté. Les aigus remplissent la sale sans jamais saturer. En face, un regard bleu vous glace. C’est celui de son frère Enrico. (David Stephenson), haineux. Son jeu est souple et changeant, son timbre riche. Cet homme vous envoûte dans sa méchanceté Edgardo (Cameron Rolls) a l’allure du perdant.
Dans un drame romantique, l’amant n’épouse pas sa maîtresse. Au mieux, une mort tragique les unira. Mais lorsqu’on est le dernier à mourir, le geste ne paraît plus héroique. Les autres roles sont bien équilibrés, et les choeurs appraissent transparents.
La troupe évolue dans un décor simple et efficace. Une table funéraire qui devient fontaine, des grandes chaises pour faire vivre un conciliabule, une table sur laquelle l’on signe un acte de marriage.
Quelques effets visuals rares ont un impact extraordinaire. D’une lumière rouge surgit Lucia dans une robe blanche maculae de sang. Un meurtre, la folie. Et ce fantôme, la mere morte qui traverse la sale, s’arête, menace d’un regard, puis repart. Rôle meut, qui ne vous épargne pas quelques frissons. Deux amants enfin enlaces, vêtus de blanc. Du blanc sepulchral / SAG
'LA CENERENTOLA' at LE THÉÂTRE DU PASSAGE, NEUCHÂTEL (9th and 11th May 2004). L'Express, 11th May 2004
Un Rossini de première classe
Théâtre du Passage. Un Rossini de première classe
Théâtre du Passage. Avec La Cenerentola, la troupe anglaise Diva Opera propose une Cendrillon pétillante.
Ecrit une anée après Le Barbier de Séville, et en aussi peu de temps, c’est-à-dire en deux semaines, La Cenerentola (Cendrillon) n’est pas le pus connu, mais reste l’un des meilleurs opéras de Rossini. Si on y trouve moins d’airs de bravoure, les ensembles sont tous d’une virtuosité stupéfiente, et il ne fallait pas moins que les époustouflants solistes de la troupe anglaise Diva Opera, dimanche soir au théâtre du Passage, pour venir à bout de toutes les embûches d’une partition qui ne laisse aux aux auditeurs aucun instant de répit.
Aucun flottement
Cette version, accompagnée au seul piano par un Bryan Evans impressionnant d’endurance, à la fois précis et discret, laisse pleinement s’épanouir les voix des sept solistes et des quatre membres du chœur. Le ballet virevoltant mis en scène par Wayne Morris aboutit à de désopilants tableaux vivants, et on n’aura pu qu’admirer la sûreté des chanteurs qui, quoi-que non dirigés, n’ont pas accusé le moindre flottement rythmique, condition sine qua non à la réussite de cette musique de périlleuse.
Multipliant les effets d’ensemble cette esthétique se trouve ainsi aux antipodes du bel canto d’un Bellini ou d’un Verdi, qui consacre le triophe de solistes. Le famuex sextuor du deuxième acte fut, en particulier, enlevé avec une verve magistrale.
Cerys Jones a un charisme peut-être un peu trop mûr pour le rôle titre, mais elle possède la voix idéale réclamée par Rossini: c’est une vraie mezzo coloratura, comme il y en a si peu, et si elle tend à se laisser un peu couvrir dans les ensembles, elle assume ses parties avec une aisance et un brio parfaits. Personne, au demeurant, ne démérite dans cette production: aussi rapide qu’il soit, aucun trille, aucune roulade ne sont savonnés. Les deux soeurs, Sally-Ann Shepherdson et Pauline Birchall, sont chipies à souhait. Le prince et son valet, Nicholas Sales et David Stephenson, donnent à leur prestation un aspect opératique particulièrement convaincant. Richard Mitham, Alidoro plus statique, a du coffre, tandis que Stewart Kempster, en don Magnifico, brille par sa présence scénique, quoique ses mimiques puissant paraître à la longue un peu répétitives.
Les tournées de Diva Opera mènant régulièrement cette troupe de poche en Angleterre et en France, mais aussi à Moscou et au théâtre de la Fenice à Venise. Neuchâtel est la seul ville de Suisse où elle s’arrête: il serait donc fort dommage de manquer la deuxième représentation qu’elle donnera de La Cenerentola, ce soir à 20 heures.
Alain Corbellari
RIGOLETTO at LE THÉÂTRE DU PASSAGE, NEUCHÂTEL (15 and 16 December 2003)
L'EXPRESS, December 18th 2003
Bouleversant de verité et d’humanité
"Opéra ‘Rigoletto’, de Verdi, au théâtre du Passage: une prestation de la plus haute qualité musicale et scénique
Lundi et mardi, Diva Opera a présenté deux prestations exceptionelle de ‘Rigoletto’ au théâtre du Passage, à Neuchâtel, avec Bryan Evans (piano et direction musicale), Wayne Morris (mise en scène), David Kempster (Rigoletto), Cameron Rolls (duc de Mantoue), Caroline Childe (Gilda) et Paul Reeves (Sparafucile).
L’intrigue d’Hugo, que Verdi tenait pour le plus grand sujet des temps moderne, narre l’infortune d’un bouffon bossu – Rigoletto – qui aide son seigneur, ;e duc de Mantoue, dans ses escapades amoureuses et reçoit d’une de ses victims une malédiction. Celle-ci se concrétise quand sa fille chérie Gilda s’éprend du duc, est enlevée à son père et meurt vollontairement sous le couteau de l’assassin Sparafucile pour sauver son amant, don’t Rigoletto voulait se venger.
La figure du bouffon, qui doit faire rire alors que son cœur pleure, est le sujet central de cette critique sociale et la rôle demande un acteur exceptionnel qui sache porter cette contradiction. C’est ce que réussit brilleamment David Kempster, tellement expressif et bouleversant, particulièrement quand il cherche sa fille, chantant un air à la fois bouffant et tragique. On oublierait sa voix de baryton magnifique et si puissante, tant on est pris le rèalisme du rôle.
Comme un seul homme
Verdi ouvre une voie nouvelle avec cet opera, en dosant savamment tradition et modernité dans ube totale maîtrise d’écriture. Les arias classiques sont souvent remplacées par des ensembles don’t le sommet est le célèbre quator où chaque protagoniste exprime simultanèment les sentiments personnels qui l’agitent. On demeure sidéré par le parfaite realisation de ces ensembles où les personages chantent comme un seul homme, sans direction. On peut attribuer cette réussite à la grande presence de Bryan Evans depuis son piano, qu’il transforme en orchestre avec un art consommé, et à la préperation minitueuse d’une équipe excellente et forement soudée.
Proximité des chanteurs
Cameron Rolls a une voix brillante et énorme, avec la noble nonchalance prisée par l’Italie, dans la fameux air ‘La donna è mobile’. Qui en fait un duc exemplaire. Caroline Childe, très applaudie, est émouvante et crédible dans la grande évolution psychologique de son personage. La mis en scène exploite à merveille l’espace restraint à disposition (la petite sale du théâtre deux fois bondée), et demeure toujours très vivante, voire osée, avec un réalisme cru, bien que dans de beaux costumes historiques. Il est d’ailleurs impressionnant et inhabituel de se sentir dans un grand opéra. Cela contribue certainement à la force de la représentation. On ne peut que dire merci à des artistes ey mécènes qui offrent un spectacle alliant la plus haute qualité musicale et scénique, une grand humanité, une vérité psychologique qui nous interpolle, enfin une aide humanitaire si nécessaire au milieu des drames de ce monde.
/ATR
RIGOLETTO AND DIE FLEDERMAUS AT LES AZURIALES OPERA FESTIVAL, ST JEAN, CAP-FERRAT
SUNDAY EXPRESS, Sunday September 7th 2003
Rigoletto was superb, with a strong cast headed by Welsh baritone David Kempster’s court jester, tenor Jeffrey Lloyd Roberts’s dramatic Duke of Mantua and promising soprano Caroline Childe’s memorable portrayal of Rigoletto’s doomed daughter Gilda. With magnificently ‘orchestral’ piano accompaniment by musical director Bryan Evans, Wayne Morris’s taut staging held our attention from first to last. A great success.
So was the production of Die Fledermaus by distinguished British bass Richard Suart, who also played prison governor Frank.
His staging had the pace and wit that Glyndebourne’s recent dim production so conspicuously lacked and the polyglot dialogue was fully comprehensible and kept us laughing.
Once again, Bryan Evans performed his miracles at the piano and there was fine work from Philip Salmon, Margaret Preece, David Stephenson and Victoria Joyce. The evening’s triumph came from Siobhain Gibson, making virtue of necessity with her broken leg, and playing mega-rich, bored Count Orlofsky as a nasty little Russian voyeur in a wheelchair: a tour de force.
David Fingleton
RIGOLETTO AT LE FESTIVAL DE LA VÉZÉRE, FRANCE
LA MONTAGNE, 11th August 2003
After Die Fledermaus, Diva Opera had another triumph this Saturday with their lively and emotionally charged production of Verdi’s Rigoletto. The performance was art of a weekend of opera at the Château de Saillant which came to a close yesterday with Puccini’s La Bohème.
Eagerly awaited by enthusiasts and regulars at the Chatêau du Saillant, Rigoletto did little to disappoint its audience. On the contrary, the English company was rewarded with rapturous applause after its performance on Saturday, the second evening devoted to the operatic repertoire. A romantic drama in three acts, Rigoletto is one of the most challenging works to stage as it makes extraordinary vocal and physical demands on its cast.
The singer-actors rose to the challenge under the direction of the virtuoso pianist Bryan Evans. The principals deserve special mention. David Kempster was extraordinary as the hunchback Rigoletto behind whom lies a loving father. His voice communicated all the emotional power and painful intensity of the character building inexorably to the dramatic conclusion. Caroline Childe enchanted the audience as Gilda whose love and devotion for her father does not stop her falling into the arms of tenor Jeffrey Lloyd Roberts, the charming and lascivious Duke of Mantua. Her duets with Rigoletto were particularly moving, their voices seeming as one. When one sees a production by the company Diva Opera, one can understand just why they enjoy ever increasing popularity
The company excels in bringing together the best opera singers and some of the most exciting young talent of the moment, notably David Murphy singing the role of Borsa, resulting in performances of unrivalled freshness and spontaneity. A superb evening!
RIGOLETTO AND DIE FLEDERMAUS AT LE FESTIVAL DE LA VÉZÉRE, FRANCE
LE FIGARO, Monday 11th August 2003
This last weekend was dedicated to opera performed by festival regulars the English company Diva Opera. In the UK they perform in stately homes and have been crossing the channel for a decade or so at the request of several French festivals. The concept is clear: the director Bryan Evans is the one-man orchestra at the piano and the singers give a fully staged production. To cope with the limited space available, the variety of performance venues and to make sure everything fits in the lorry the sets are reduced to a minimum. There is a great deal of freshness in this “travelling theatre” approach especially as the performers are young for the most part. It is possible be small-scale and have vigour. This is certainly the case with this company! They really come up with the goods spinning and sliding between the feet of the audience with skill and suppleness.No room here for the fantastic: they concentrate on the essentials in order to be understood. The closeness of the eye and the ear to the central stage magnifies the action and recalls the indiscretion of the television close-up. This might come as a surprise to an audience used to the grand scale of an opera house. This was the case in this Rigoletto with a Duke of Mantua sung by an imposing bull-like Welsh tenor who would make an excellent prop forward. Unreasonable in such conditions to expect him to nuance La donna è mobile.
If the men just manage to survive the heat the ladies suffer; Gilda’s tone was ravishing nonetheless. It is her father Rigoletto sung by the former Glyndebourne Touring baritone David Kempster who survives best. The Verdi may have been severely tested by the stifling heat but the Fledermaus of the previous evening was a breath of fresh air thanks to its energetic cast. With incredible verve they presented a celebration of Europe singing in German but using all languages for the spoken passages in a pidgin understood by all, even the children. After all, that is what parties are about: leaving no one out of the fun.
LA BOHÈME AT LE THÉÂTRE DU PASSAGE, NEUCHÂTEL, L'Express, 19th May 2003
Faste et tragédie s’unissent
Au Passage. La troupe Diva Opera offer une ‘Bohème’ magnifique. Pianiste et soloists parfaits.
Le Théatre du Passage accueillait dimanche après-midi la troupe Diva Opera pour une extraordinaire représentation de ‘La Bohème’ de Puccini. La salle a vibré à cette magnifique prestation. Et c’est peu dire. D’entrée, le piano de Bryan Evans surprend par son incomparable palette sonore, et s’il ne nous fait pas oublier la richesse de l’orchestre, il nous convainc qu’un seul instrument peut parfois le remplacer. Preuve en fut donnée, entre autre, dans le dernier acte, lors de la longue agonie de Mimì. Comme un glas, le piano se lie à la mort, se fond en elle pour résonner dans l’ultime marche funèbre.
Quant aux quatre solistes principaux, chacun fut parfait dans la rôle. L’entrée de Mimì (la soprano Melinda Hughes) fut tout en finesse, et la destinée tragique de son personnage s’infiltre dans le timbre de sa voix dès les premiers instants. Le duo qu’elle nous offre au troisième acte avec Marcello (David Stephenson) fut d’une grande intensité dramatique. Ce dernier nous a d’ailleurs convaincu par son timbre chaleureux et sa présence sur scène
Un décor sobre
Si la rôle de Musetta est souvent moins touchant, c’est qu’il n’est pas toujour sservi avec le talent de Sally-Ann Shepherdson. Cette soprano possède un timbre envoûtant et est parfaite de provocation.
Dans le dernier acte, elle sait être profonde. Le ténor Cameron Rolls fut divin dans son rôle de Rodolfo. Voilà un chanteur qui module sa voix à l’infini, qui sait être tender, amoureux, désespéré ou jaloux, qui peut chanter un pianissimo intense et l’instant d’après un fortissimo sans dureté. Quant aux rôles secondaires, ils furent servis avec le même talent; il est rare d’entendre une distribution si homogène.
Tous ces musiciens évoluent dans un décor sobre, qui peut parfois sembler un peu étriqué. En revanche, les costumes sont d’une harmonie rare. Dans les nuances de rouge foncé, de jaune, de blanc et de noir, éclairés subtilement, ils reflètent le caractère des personages. Seule couleur froide, la robe blue nuit de Mimì â l’agonie. /SAG
La Provence, Vendredi 26 Juillet 2002
Une “Carmen” inoubliable, sensuelle et magique.
Pari gagné pour la jeune troupe britannique de “Diva Opéra” qui a su offrir, au public conquis, une version insolite de la “Carmen” de Bizet. Intimiste et somptueuse. Les qualificatifs risqueront fort de faire défaut pour parler à bien de cette interprétation, surprenante et envolée, d’une nouvelle “Carmen”, si fidèle pourtant à l’image que l’on s’en fait. Une nouvelle version de l’opéra de Bizet, qui sous les doigts merveilleusement exercés du pianiste Bryan Evans, par ailleurs directeur musical de Diva Opéra, et qui n’en est pas à ses débuts, puisqu’il a donné près de 1900 représentations à travers le monde, a trouvé toute son ampleur. Sur la scène pourtant intimiste du cloître Saint-Dominique, où, à ciel ouvert, sous la magie des étoiles, chanteurs et danseurs ont fait revivre cette œuvre magistrale. D’une façon peut-être des plus surprenantes, pour les plus avertis, mais dont la simplicité a tout simplement fait mouche.
Une Carmen plus vraie que nature.
Le décor est planté, sobrement. Dans le fond, un piano. Sur la scène, tout y est, par la seule présence des interprètes. Il n’en fallait pas plus. Avec deux danseurs de flamenco, on entre dans le jeu de cette Séville féérique. Avec un décor minimaliste, l’atmosphère est reconstituée. L’important n’est pas là. L’important, c’est elle, cette “Carmencita”, ressuscitée dans l’ardeur, la sensualité, la naturelle beauté de Heather Shipp. Carmen a ce soir-là, un léger accent Shakespearien qui n’enlève rien à la vraisemblance de l’histoire. On plonge dans “Carmen”, dans ses couleurs, dans ses envolées, sa passion, jusqu’au drame.
Voix du Nord, 08 Août 2002
Festival international de musique du Touquet
Le triomphe de “Carmen”
Les mélomanes ont été comblés, mardi, par Diva Opera. Carmen, le drame lyrique de Bizet, n’a pas pris une ride depuis près de 130 ans et suscite toujours l’engouement des mélomanes. Ils sont venus nombreux, mardi soir, savourer la pureté mélodique de cette œuvre, magistralement interprétée par Diva Opera.
La troupe, spécialiste de l’opéra de chambre, n’est pas une inconnue pour le public touquettois qui a eu le privilège de l’accueillir pour la seconde année consécutive. Pour arriver au résultat remarquable, qui fait leur notoriété, les acteurs de Diva Opera sont des bourreaux de travail. Il leur faut environ trois semaines pour peaufiner la mise en scène et deux heures de répétition avant chaque spectacle. Les comédiens, d’origine étrangère, doivent aussi se soumettre à un correcteur de langue pour améliorer leur prononciation afin d’acquérir un français parfait. Ainsi, le fruit de leur persévérance se traduit sur scène par un sublime opéra établi dans les règles de l’art.
Leur talent est mis en valeur par leur chef de musique, Bryan Evans, qui mène également une carrière de pianiste. Grâce à sa virtuosité, il entraîne l’opéra à son apogée, qui se traduit par une alchimie parfaite entre la fougue artistique et la ferveur musicale.
Un opéra plus accessible.
Et puis, il y a Don José, interprété par le ténor Jeffrey Lloyd Roberts, impressionnant de puissance. Micaëla, la tendre et douce, a le teint de porcelaine de Charlotte Kinder, d’une justesse incroyable. Une adaptation, revisitée en opéra de chambre, qui aura su fasciner son public. Dans une version qui aura aussi eu le mérite d’ouvrir la voie de l’opéra, peut-être, à un nouveau public.
Une façon différente de faire revivre la populaire Carmen, simplement et brillamment. Un pari osé, tant pour la troupe, que pour le festival, qui confirme ainsi son originalité. Une réusite, où la magie du cloître aussi a certainement opéré. Où le public, tout proche, pouvait dans la nuit voir briller les yeux de braise de Carmen. /Paule Cournet
La Marseillaise, Jeudi 25 Juillet 2002
Une Carmen épurée et sublime.
Un piano, des voix, une scène minimaliste : sacré pari qu’adapter en opéra de chambre l’œuvre de Bizet! Carrément génial…Carmen la divine, Carmen la populaire s’est dépouillée mardi soir aux Nuits de la Citadelle à Sisteron par la grâce du Diva Opéra et du brillantissime Bryan Evans à la direction musicale et au piano. Et ce, tout au bénéfice de la partition, du livret et… du public. Un grand moment. Certains ont pu être décontenancés d’aller à la rencontre d’une Carmen abandonnée par l’orchestration rutilante qui a fait son succès. L’ouverture jouée uniquement au piano en jette moins c’est sûr que l’interprétation classique. On aurait pu avoir une Carmen au rabais, on a eu un feu d’artifice et la quintessence d’une œuvre dont la beauté et les qualités artistiques éclatent en traits fulgurants. C‘est le dépouillement même, voulu par Bryan Evans, qui révèle la solidité et la magie de cet opéra. L’orchestration qui semblait essentielle se révèle en fait n’être que la cerise sur le gâteau, un gâteau qui, à lui seul, comble les papilles! De sacrés interprètes! Cela dit, cette Carmen dépouillée, doit beaucoup au Diva Opéra et à ses chanteurs. C’est la qualité de leur interprétation, c’est leurs voix et leur technique irréprochable qui permet de magnifier l’œuvre. Jeffrey Lloyd Roberts, dans le rôle de Don José, est éblouissant. Ce ténor joue avec maestria sur différents registres, de l’amour aveugle à la violence indomptable et son chant n’a rien à envier aux plus grands. Etonnante également, Charlotte Kinder qui donne au rôle de l’effacée Micaëla une épaisseur et une présence touchante. Et puis, flamboyante, piquante, sensuelle et énergique Heather Shipp s’impose dans une Carmen qui renvoie Julia Migénès Johnson dans les cordes!
Un piano, un arbre, un parasol…
Ce qui ne gâche rien, chacun de ces interprètes, évolue avec un art consommé de la comédie, mettant un enthousiasme communicatif au service de leur voix. La mise en scène qui exploite au maximum un espace scénique fort réduit, vive et inventive sans pour autant être clinquante, contribue également à la réussite de ce spectacle. Bryan Evans qui a assuré l’interprétation au piano a brillamment relevé le défi d’une Carmen épurée mais qui paradoxalement n’en est que plus fascinante et présente. Tard dans la nuit, les festivaliers ont quitté le cloître Saint-Dominique encore sous le charme et il n’était que d’écouter les divers commentaires pour confirmer que la soirée de mardi restera comme un des moments forts de l’histoire déjà longue de ces Nuits. /Nadine Massat
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